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Grand Débat National : Et si la formation était la clé ?

21 Mars 2019

Compte-rendu et idées fortes

Grand Débat National : Et si la formation était la clé ?
Compte-rendu et idées fortes
13 mars 2019

Une réunion publique à l’initiative de la Fédération de la Formation Professionnelle

Seulement 36% des Français accèdent chaque année à une formation contre 53% en Allemagne et plus de 60% dans les pays du nord de l’Europe. Convaincue que l’enseignement et la formation tout au long de la vie sont indispensables à une croissance durable et inclusive, la Fédération de la Formation Professionnelle (FFP) a initié une réunion dédiée à l’enjeu de la formation professionnelle et du développement des compétences dans le cadre du Grand Débat National. Celle-ci s’est tenue le mercredi 13 mars 2019 de 19h à 21h30 à Paris au Balrock (161 rue Montmartre, 75002 Paris).

Entreprises de formation, formateurs, salariés et demandeurs d’emplois y ont répondu présents. M. Pascal Perrineau, garant du Grand Débat National, Mme. Catherine Fabre, députée de Gironde, et M. Philippe Debruyne, Secrétaire confédéral de la CFDT y ont également apporté leur témoignage. Ce moment important de dialogue a permis à chacun d’exprimer des constats et de proposer des solutions concrètes pour le système d’éducation et de formation tout au long de la vie. Ce compte-rendu restitue la teneur des échanges ainsi que les retours écrits des participants.

1) Constats et diagnostics partagés

Trois constats majeurs, partagés par la grande majorité des participants, sont ressortis des échanges :

     « La formation n’est pas assez sexy » (verbatim d’un participant)

Le manque d’attractivité de la formation est ressorti comme un sujet central. Les aides à la formation ne sont pas assez lisibles. Les mécanismes d’accès à la formation sont trop complexes, pour l’offre de formation comme pour les bénéficiaires. Les dispositifs sont trop cloisonnés en fonction des publics alors qu’il serait plutôt nécessaire d’entrer dans des logiques de parcours de formation tout au long de la vie. Enfin, la formation est plus souvent subie que choisie (système de prescription).

      Le système de formation ne s’adapte pas assez à l’évolution des besoins en compétences

L’agilité de l’offre de formation est freinée par un système de certification professionnelle (diplômes, etc.) qui ne s’adapte pas assez vite à l’évolution des compétences. Il faut renforcer le lien entre l’offre de formation, les entreprises et les publics. Enfin, le résultat des formations suivies n’est pas assez valorisé.

     La formation doit englober toutes les dimensions du développement des compétences (insertion professionnelle, maintien de l’employabilité…)

La formation des salariés, notamment des TPE/PME, est indispensable pour éviter une déqualification massive de la population. Les compétences non techniques (ou transversales) sont peu valorisées alors qu’elles favorisent l’employabilité et la mobilité professionnelle. Les aides à la formation sont souvent liées à des formations diplômantes ou certifiantes, qui ne sont pas toujours adaptées aux salariés en poste.

 

2) Propositions émises lors du Grand Débat

Les 10 propositions particulièrement mises en avant sont les suivantes :

     Communiquer largement sur la formation et ses impacts 

Il faut communiquer largement auprès du grand public pour démontrer l’impact positif de la formation, pour faciliter la compréhension des dispositifs, pour aider à identifier les bons interlocuteurs, et in fine pour améliorer l’accès à la formation du plus grand nombre.

     Encourager l’investissement dans la formation

Les particuliers pourraient être dotés d’un crédit d’impôt quand ils investissent dans une formation. De même, les entreprises (notamment les PME et ETI) doivent être encouragées dans leurs investissements en formation, que ce soit par des incitations fiscales ou par un amortissement de leurs dépenses de formation.

     Encourager le développement des compétences transversales

Le Compte Personnel de Formation (CPF) pourrait être ouvert à des formations non certifiantes visant le développement de compétences transversales essentielles pour la mobilité professionnelle et pour l’employabilité. Plus largement, une conférence de consensus pourrait être organisée pour réfléchir aux compétences indispensables au 21ème siècle.

     Garantir les mêmes modalités d’accès à la formation pour tous

La formation est un droit universel : chacun doit y avoir un égal accès. A titre d’exemple, le CPF, qui est un droit universel, doit avoir les mêmes conditions de fonctionnement dans le secteur privé que dans le secteur public. Garantir des droits universels, c’est aussi faire en sorte que la formation soit un choix, et qu’elle ne soit pas subie. 

     Renforcer les liens entre l’offre de formation et les entreprises

Les formations en alternance et la formation en situation de travail doivent être encouragées. De même, il faut valoriser des dispositifs comme la Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE) qui instaure un lien direct entre un centre de formation, une personne, et l’entreprise qui pourra la recruter. Cela favorise l’accès à l’emploi tout en répondant aux pénuries de compétences des entreprises, et cela donne également une visibilité concrète sur l’impact des formations.  

     Garantir des conditions économiques viables pendant la formation

Les périodes de stages et de formations s’effectuent souvent dans des conditions de rémunérations que les personnes en formation, en particulier les plus jeunes, souhaitent voir clarifiées ou améliorées. Des dispositifs d’aides ciblés (liés aux transports, au logement…) peuvent également être envisagés ; ils sont autant de facteurs importants de l’attractivité des formations.

     Encourager la réflexion de chacun sur ses compétences

Les dispositifs tels que la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) ou les bilans de compétences ne sont pas toujours bien appropriés et pourraient être simplifiés et encouragés.

     Promouvoir un dialogue régional et local sur les besoins en compétences

Il faut être davantage à l’écoute des besoins des bassins d’emplois, afin d’orienter au mieux jeunes et demandeurs d’emplois vers les besoins en compétences et les formations adaptées. Des synergies pourraient croitre entre Pôles Emplois, Centres de formation des apprentis, missions locales pour l’emploi, centres d’orientation, entreprises, acteurs de la formation et associations de quartiers.

     Assurer un meilleur suivi des parcours professionnels

Il faut développer l’accompagnement personnalisé des jeunes, dès le collège. Cette relation de long terme doit permettre de maintenir un lien avec chaque jeune, y compris lorsqu’il sort du système scolaire, afin qu’il ne disparaisse pas alors des radars et des opportunités de formation et d’accès à l’emploi.

     Garantir la continuité des dispositifs pendant les mises en œuvre de réformes

La formation professionnelle fait régulièrement l’objet régulièrement de réformes dont la mise en œuvre pénalise l’accès à la formation de manière transitoire mais aussi parfois sur de plus longues périodes. C’est le cas par exemple en ce moment pour la formation des artisans ou plus globalement sur la prise en charge des formations par les financeurs.

 

3) Quelques verbatims :

« Il faut rendre sexy la formation »
« Des spots de communication sur la formation comme sur la grippe »
« Il faut mettre le paquet sur les soft skills »
« La formation doit être un choix »
« Ne pas cataloguer les publics formés »

En résumé, à travers ces échanges qui se sont déroulés de manière ouverte et constructive, les participants à ce Grand Débat ont souligné que l’accès aux compétences pouvait constituer l’une des réponses aux enjeux économiques et sociaux de notre pays. En effet, la formation est un important vecteur d’ascension sociale et un levier de compétitivité et d’innovation pour les entreprises et les territoires. Pour cela, ont été proposées des solutions pour améliorer la lisibilité des mécanismes d’accès à la formation, pour encourager l’investissement dans les compétences, et pour accompagner l’ensemble des publics dans des parcours de formation en adéquation avec les besoins du marché du travail.

Pièces jointes

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